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Déchaumeurs à disques indépendants Essai du Quivogne Diskator 500 : déchaumer sur 5 m de large avec 125 ch ?

Le Quivogne Diskator, équipé d'un rouleau billonneur, a réalisé le premier et le deuxième passage derrière du blé et du colza.

En tant que fervent lecteur de Matériel Agricole, vous n’êtes peut-être pas sans savoir que l’équipe a essayé divers matériels l’été dernier. Après le plateau Ponge, dans le numéro 324, c’est au tour du déchaumeur à disques indépendant Quivogne Diskator 500 d’être mis à l’épreuve. Au programme : déchaumage en conditions variées.

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Bien que le travail conventionnel des sols persiste encore dans les régions aux potentiels de rendement les plus importants, les techniques culturales simplifiées (TCS) s’imposent en maître dans les secteurs où les blés peinent à dépasser les 80 q/ha. La Haute-Saône, fief de certains de nos essais, en est un parfait exemple. Les agriculteurs, bien que désireux de préserver leurs sols et de réduire leurs charges opérationnelles, ont cependant du mal à se passer du travail du sol. Ainsi, que ce soit pour la réalisation de faux-semis en interculture ou pour un travail minimal des sols, les déchaumeurs ont désormais leur place dans de nombreuses cours de ferme. Aujourd’hui, nous nous intéressons aux machines démocratisées au début des années 2000 : les déchaumeurs à disques indépendants. Bien ancrés dans les pratiques, ces derniers présentent des atouts séduisants, comme des débits de chantier élevés, une traction réduite ou encore un bouleversement limité des sols. Pour l’essai d’un de ces outils, Matériel Agricole s’est tourné vers le Français Quivogne. Implanté à une heure de route au nord de la ferme familiale accueillant le test, le Franc-Comtois nous a proposé un Diskator 500. Dès que la machine arrive à bon port, j’accroche la tête d’attelage pivotante aux bras inférieurs du relevage arrière du tracteur et branche les quatre connexions hydrauliques à double effet. Le jumelage arrière monté et une masse de 810 kg attelée sur le John Deere 7800, me voilà parti pour la mise à l’épreuve du Quivogne Diskator 500.

Le jumelage arrière installé sur le John Deere 7800 lui confère une meilleure adhérence, celui-ci atteignant les 15 km/h sur le plat. (© Henri Etignard)

Des arguments pour les gros débits de chantier

J’attaque l'essai du déchaumeur par un premier passage derrière un blé, dans un sol argilo-limoneux. Je remonte manuellement les roues de jauge frontales et positionne hydrauliquement le terrage du rouleau à mi-chemin entre les crans 3 et 4 présents sur la réglette. J’obtiens alors une profondeur de travail de 10 cm grâce aux disques de 560 mm de diamètre et de 5 cm d’épaisseur. Sur le plat, je maintiens une vitesse de travail de près de 15 km/h afin d’obtenir un bon brassage et un mulch satisfaisant de la surface. J’ajuste ensuite manuellement le peigne, via une goupille à positionner dans une platine percée. Ce dernier, doté de tiges de 10 mm de diamètre, prend place entre la deuxième rangée de disques et le rouleau. Il me permet d’obtenir une répartition homogène des pailles sur l’intégralité de la largeur de travail et accroît le nivellement. Le rouleau « L » de 600 mm de diamètre rappuie ensuite le travail. L’essieu, replié au-dessus de l’outil, accentue par ailleurs l’effet du rouleau. Dans cette position, il assure également un rôle de maintien du déchaumeur, qui n’oscille pas derrière le tracteur. Dans les fourrières, je tourne sur le rouleau en utilisant un distributeur. Le tracteur n’étant doté ni de butées hydrauliques ni de temporisations, je dois repositionner mon réglage à chaque début de ligne, et ce, malgré les roues de jauge à l’avant de l’appareil. À ce moment-là, je me dis qu’une réglette placée sur la droite du déchaumeur serait plus aisée à visualiser depuis la cabine.

Même à 15 km/h et malgré la présence d'herbes, le flux de résidus circule correctement dans le déchaumeur. Seuls les déflecteurs latéraux ont été remontés afin d'éviter les bourrages. (© Henri Etignard)

À l’aise dans les résidus et sur les cailloux

Afin d’apprécier le comportement du déchaumeur dans diverses conditions, j’organise un chantier en partenariat avec la ferme voisine. Il s’agit alors de réaliser un premier passage derrière un colza dans une parcelle de 19 ha au sol argilo-calcaire et caillouteux. Le salarié de l’exploitation entame les premiers mètres. À une profondeur de travail de 10 cm, le John Deere 7710 de cette exploitation parvient à maintenir une vitesse de travail de 12 km/h sur le plat. Dans les côtes les plus raides, le tracteur plafonne cependant à 8 km/h. Afin d’assurer un meilleur flux de matière, nous remontons manuellement la herse peigne. Nous nous apercevons, au fil des hectares, qu’une vitesse de travail limitée permet d’éviter les bourrages. En plus des cannes de colza à évacuer, une zone du champ est jonchée de cailloux. Je me dis que ces quelques hectares seront ainsi l’occasion de tester en sol caillouteux les aptitudes de l’outil embarquant un seul disque par bras. Notons par ailleurs que la sécurité non-stop de chaque bras est assurée par quatre boudins élastomères. À 12 km/h, le déchaumeur pianote facilement sur les nombreuses pierres. Je note également que, grâce à la présence d’un seul disque par bras, les plus gros cailloux ne restent pas coincés. Les décrotteurs empêchent, pour leur part, le blocage des pierres dans le rouleau ajouré.

Les 170 ch du John Deere 7710 permettent de tracter le déchaumeur à une vitesse de 12 km/h pour une profondeur de travail de 10 cm en sol argilo-calcaire. (© Henri Etignard)
Dans le colza, il convient d'adapter la hauteur de la herse peigne ainsi que la vitesse de travail par endroits afin d'éviter les bourrages. (© Aurélien Guillard)

Un faible besoin de puissance ?

Les essais se déroulant chez plusieurs agriculteurs, le déchaumeur défile derrière plusieurs tracteurs. Après les John Deere 7800 et 7710, dont les puissances annoncées avoisinent les 170 ch, changement de cavalerie pour notre déchaumeur Quivogne qui se voit attelé à un Case IH Puma 150 CVX. Ce modèle de 150 ch parvient à emmener le Diskator à près de 12 km/h au régime de 1 300 tr/min sur le plat. Dans les côtes, la transmission à variation continue fait grimper le régime moteur à 1 850 tr/min, et la vitesse diminue. À une profondeur de travail de 10 cm, le sol argileux lourd engendre évidemment plus de tirage.

Avec une puissance de 150 ch pour une profondeur de travail de 10 cm en sol argileux, le Case IH Puma 150 atteint les 12 km/h. (© Aurélien Guillard)

Enfin, pour une dernière parcelle à préparer en vue de l’implantation d’un couvert végétal, j’accroche le Quivogne au John Deere 6620 de l’exploitation familiale. Je dois déchaumer un sol sableux à une profondeur de travail proche de la dizaine de centimètres. Le tracteur parvient à maintenir une allure comprise entre 10 et 12 km/h sur le plat. Dans les côtes, je me rends bien compte que les 125 ch du mythique moteur John Deere de 6,8 L de cylindrée ne sont pas suffisants. Le tracteur tombe par endroits à 6 km/h. Ainsi, de tous les engins ayant tracté le Quivogne Diskator, seuls les 170 ch des deux John Deere de la fin des années 1990 auront permis le maintien d’une vitesse de travail convenable, même dans les côtes.

La maniabilité d’un porté ?

Outre le travail du sol, l’essai a été l’occasion de tester la manœuvrabilité du déchaumeur. Attelé aux bras de relevage et doté d’une tête d’attelage articulée, le Quivogne Diskator tourne court. Replié hydrauliquement pour le transport, il se faufile aisément dans les rues étroites des villages. L'outil reste cependant plutôt long en format routier, le bras supportant l’essieu se repliant en deux. Il convient ainsi de ne pas prendre des virages trop courts afin qu’il ne morde pas sur les bas-côtés. Sur la route, même à 40 km/h, le déchaumeur reste stable et n’engendre pas de ballant sur le tracteur. Notons que le Diskator s’équipe ici de pneumatiques d’une dimension 445/45 R19,5. Afin de prendre les virages en toute sécurité, j’abaisse le relevage du tracteur ainsi que le déchaumeur de sorte à transporter l’ensemble relativement près du sol et à garder ainsi un centre de gravité bas pour une bonne stabilité dans les courbes. Je laisse juste le dégagement nécessaire afin de passer les dos-d’âne de Haute-Saône. Au champ, la tête d’attelage articulée me permet de tourner très court. J’arrive à faire mes passages les uns à côté des autres sans avoir à reculer. Je n’ai qu’à lever l’outil, tourner et me repositionner contre le passage précédent. La largeur des fourrières reste pour autant contenue. Trois tours de parcelle, et ce chantier est terminé.

Le Quivogne Diskator est un outil relativement long une fois l'essieu déplié en position routière. La conduite doit ainsi être adaptée dans les virages. (© Henri Etignard)
Chaque disque possède son propre bras équipé d'une sécurité non-stop à quatre boudins élastomères. L'outil pianote alors aisément sur les cailloux. (© Henri Etignard)
La tête d'attelage articulée, attelée aux bras inférieurs de relevage, peut venir contre le timon pour faciliter les des manœuvres restreintes. (© Henri Etignard)
La herse peigne permet de répartir le flux de matière. Sa hauteur doit être ajustée manuellement, via une poignée, en fonction de la quantité de résidus. (© Henri Etignard)

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